L'alternance hôtellerie s'impose aujourd'hui comme la voie d'excellence pour conjuguer apprentissage théorique et immersion opérationnelle dans des établissements d'exception. À Lille, l'Hôtel Océania Les Augustins en est le parfait exemple : un lieu chargé d'histoire où se croisent l'expertise d'un directeur chevronné, Thibault Petit, et l'ambition d'une étudiante de l'École Internationale Tunon, Lisa Beauvais. Dans cet échange, ils nous livrent leur vision d'un secteur où l'humain reste, plus que jamais, la clé de voûte de la réussite.
Pourquoi l'alternance en hôtellerie est-elle devenue un levier incontournable pour les étudiants d'aujourd'hui ?
Pour Lisa Beauvais, qui entame son MBA après avoir validé son Bachelor en alternance hôtellerie chez Tunon, l'alternance est un accélérateur de maturité. "Ça permet vraiment de lier le terrain à l'apprentissage en cours. Donc c'est vraiment intéressant de faire de l'alternance parce que ça permet de mettre en pratique ce qu'on apprend à l'école sur le terrain directement", confie-t-elle. Thibault Petit abonde dans ce sens, soulignant que la réalité du terrain donne une "saveur" particulière aux cours théoriques : "L'alternance hôtellerie, c'est vraiment le mix, la vraie vie professionnelle et le début de carrière. Les cours n'ont pas la même résonance quand on sort de l'hôtel. C'est plus parlant. Les cours sont mieux assimilés ou mieux compris parce qu'il y a tout de suite techniquement quelque chose qu'on a vu à l'hôtel."
Quelles compétences concrètes peut-on acquérir lors d'une immersion au sein d'un établissement comme l'Océania ?
Au-delà des gestes techniques, c'est une véritable transformation personnelle que vit l'étudiant en alternance hôtellerie. Lisa explique avoir développé des compétences qu'elle n'imaginait pas maîtriser si tôt, notamment dans la gestion de l'imprévu : "J'ai pu m'accomplir davantage dans la relation avec le client, mais aussi beaucoup dans la gestion de problèmes et de conflits parce que ça arrive souvent en hôtellerie et c'est des compétences hyper importantes que j'avais pas forcément avant. Travailler à l'Océania Lille, c'est aussi participer à l'effervescence d'une ouverture récente. "C'est une récente ouverture qui permet aussi d'apprendre énormément de choses sur la gestion d'un hôtel, d'aider son ouverture... c'est hyper intéressant de voir vraiment comment ça se passe parce qu'il y a encore beaucoup de choses à régler", précise Lisa. Cette expérience lui a permis de grandir : "Ça nous apprend beaucoup de choses sur le plan pro que perso et on en ressort grandi. On essaye de prendre confiance en soi et c'est ce qui permet de s'élever."
Comment le parcours de Thibault Petit illustre-t-il la diversité des carrières hôtelières ?
Le parcours de Thibault Petit en alternance hôtellerie est une leçon de persévérance et de curiosité. De ses débuts comme commis à Londres à la direction d'hôtels prestigieux, il a exploré toutes les facettes du métier. "Personnellement, je ne pensais jamais être directeur d'hôtel quand j'ai commencé ma carrière. Moi, je suis plutôt restaurateur à la base", se rappelle-t-il. Son ascension est passée par des étapes rudes mais formatrices, comme le stewarding :
"En Angleterre, j'avais eu un premier poste un peu à responsabilité, je gérais tous les plongeurs de l'hôtel. C'était ma première expérience en management et le stewarding, c'est dur. J'ai appris pas mal sur ces années anglaises."
C'est sa rencontre avec un directeur chez Marriott de son alternance hôtellerie qui a marqué un tournant, l'incitant à sortir de sa zone de confort (la restauration) pour découvrir l'hébergement : "Thibault, t'es directeur de la restauration, c'est bien, mais l'hôtellerie, c'est aussi de l'hébergement. Je vais pas vous demander de faire des check-ins, vous me gérez l'encadrement... et c'est comme ça que j'ai touché à l'hébergement et j'ai aimé aussi.
" Pour lui, le succès est un mélange de rencontres et d'audace : J'ai aussi enfoncé des portes parfois. J'ai su être patient, j'ai su aller chercher toujours quelque chose de nouveau."
Quel est le rôle de la transmission et du "savoir-être" dans le partenariat entre Tunon et l'Océania ?
Thibault Petit en alternance hôtellerie ne se contente pas de diriger un hôtel, il transmet aussi son savoir aux étudiants de Tunon. Ce qu'il recherche avant tout ? "Une étincelle". "Les compétences, ça s'acquiert. Le savoir-être, on l'a ou on l'a pas. On cherche le côté positif, curieux, intéressé", explique-t-il. Pour lui, l'alternance hôtellerie est un investissement mutuel : "La personne qui rentre ici en apprentissage et qui sort et qui n'a pas appris suffisamment, c'est que nous on s'est trompés aussi. L'accompagnement, c'est beaucoup de dialogue." Il pousse ses alternants à prendre des responsabilités rapidement pour révéler leur potentiel : "Je leur dis : pourquoi tu ne ferais pas le briefing aujourd'hui ? On sait qu'il y a un potentiel derrière. La fleur va s'éclore et va se développer."
Quelle est la place de l'humain face à l'arrivée de l'IA et de la digitalisation ?
Si le secteur évolue avec la technologie, Thibault Petit en alternance hôtellerie reste convaincu que rien ne remplacera l'accueil personnalisé. "L'intelligence artificielle est là. La snobber ne sert à rien. Mais l'expérience client, c'est l'humain. Il n'y a pas de doute là-dessus", affirme-t-il avec force. Selon lui, la technologie doit être un outil pour libérer du temps de qualité : "Si la technologie facilite un check-in et que les choses un peu pénibles vont plus rapidement... on profite de cette facilité pour parler du restaurant, du spa, de créer ce contact avec le client. Pourquoi vous êtes venu ici ? Toutes ces petites choses qui créent le parcours client deviennent une expérience."
Pourquoi choisir l'hôtellerie est-il un pari gagnant pour l'avenir ?
Pour conclure, Thibault Petit et Lisa Beauvais en alternance hôtellerie s'accordent sur un point : l'hôtellerie est un métier de passionnés qui a de beaux jours devant lui. "Ce n'est pas un métier facile, il faut se lever tôt et se coucher tard, travailler le week-end... mais si on l'aime et on a la passion, ça va tout seul", confie Thibault. Pour lui, le secteur répond à un besoin profond de déconnexion et de plaisir : "Le Lillois qui vient passer un week-end ici, il veut vivre une expérience sympa, au calme, se faire plaisir. Dans un monde de digitalisation, ça fait du bien de voir des gens et de discuter." Lisa conclut en soulignant la valeur de sa formation : "Les compétences techniques et managériales qu'on apprend en cours permettent vraiment de renforcer et voir un peu plus sur le terrain... c'est vraiment un bagage professionnel pour mon futur."